Depuis hier, deux signaux viennent appuyer nos précédentes thèses sur le secteur de l’immobilier résidentiel.

D’abord ce sont les notaires qui sont passés d’un discours conquérant s’appuyant sur des statistiques flamboyantes à quelques déclarations laconiques du genre :
« un mouvement de baisse en province »,
« les prochains mois seront donc particulièrement propices à la négociation »
,
« des vendeurs rassurés par la fin du mouvement de baisse ».
Tiens-donc ! Je croyais que les prix flambaient ?!
J’ai dû rater quelque chose.

Ce que nous avons raté, c’est le ralentissement, la stagnation, puis la baisse des prix, pour nous retrouver directement à lire « une baisse en province qui semble vouloir s’essouffler… laissant entrevoir une légère reprise pour le printemps », selon la dernière analyse du site immobilier notarial.

Comment ont-ils fait ?
Jusque là, les notaires et autres professionnels du secteurs utilisaient des statistiques que l’on sait toujours très en retard, par soucis de lissage des variations de prix (pour certaines utilisant des données jusqu’à 24 mois an arrière).
Maintenant, pour étayer leurs discours, ils utilisent les chiffres des « avant-contrats », c’est dire dire des ventes qui devraient prochainement être signées !?!

Quand les bonnes nouvelles sont passées, ils utilisent les chiffres passés
et quand les bonnes nouvelles devraient venir, ils utilisent leurs outils de prospectives.
C’est sûrement pour ne pas nous faire de la peine ;-)

L’autre signal remarquable est la parution hier, de l’étude très étayée du cabinet indépendant de recherches économiques et financières : Primeview.

Dans celle-ci, les auteurs nous expliquent qu’il faudrait que les prix parisiens baissent de 37,4 % pour retrouver sa prime de risque historique de 2,2 % sur le rendement des emprunts d’État français à 10 ans (3%).

Je traduis : avec 37,4 % de moins, les prix parisiens seraient à leur place.
Ce qui corrobore nos précédents développements sur la question.

Pour ma part, je retiendrais surtout que comme nous, cette étude explique le niveau actuel des prix du marché immobilier par son statut de valeur refuge en cas de crise…
jusqu’à
ce que ce secteur soit à son tour contaminé par la déflation liée à cette même crise.
Après 1929, le marché immobilier français s’était aussi envolé et il aura fallu attendre 1935 pour qu’il s’écroule.

Malgré les puissants moyens d’information dont nous disposons aujourd’hui, je ne suis pas sûr que ce délai se raccourcisse beaucoup.
Ceci parce que ce n’est pas une question de connaissance ou d’expérience, mais plutôt de volonté.
Et quand la majorité veut, rien ne lui résiste : Pourquoi l’immobilier résiste ?

Cependant reculer pour mieux sauter,
c’est toujours plus douloureux :-(